Plan santé : pourquoi ne pas tout dire ?

L’éditorial.

Le Plan Santé annoncé par le Président de la République le 18 septembre s’inscrit dans une continuité bien venue avec la Loi de Modernisation du Système de Santé, et les éléments constitutifs de la Stratégie nationale de santé. Les mesures qu’il retient paraissent intéressantes, entre les processus structurants comme la définition sur tous les territoires des projets de santé, ou la refonte des études médicales, le développement des pratiques avancées pour les infirmières, l’organisation du maillage de l’offre dans les territoires ruraux et des mesures plus ponctuelles, telles la dématérialisation des prescriptions, la création d’assistants médicaux, ou encore l’espace numérique réservé à chaque patient.

A sa lecture plus attentive, toutefois, une certaine perplexité s’installe : est-ce un véritable plan ou seulement l’accompagnement d’évolutions jugées inéluctables qu’il faut présenter sous leur meilleur jour ? La vérité est que les CPTS (une excellente disposition) seront d’abord ce qu’en feront les acteurs, notamment libéraux ; que ce sera aux professionnels de juger de l’intérêt des assistants, dont les missions pratiques ne paraissent pas d’évidence ; que la « gradation » des soins suppose de réduire les missions de certains hôpitaux (selon quels critères ?), pour en confier davantage à d’autres ; et que la suppression du numerus clausus ne peut signifier la dérégulation totale du nombre de médecins formés, ce qui peut supposer, pour ceux qui devraient se réorienter en troisième année que des métiers nouveaux (lesquels ?) soient définis et prennent leur place dans le système.

Alors pourquoi ne pas tout dire ? Y compris les incertitudes et les questions restantes, car, comme on le voit, il y en a ?

Pourquoi devrait-on penser que les évolutions stratégiques de notre système de santé procèdent forcément de décisions de gestion prises au sommet, au vu de réalités que seules quelques élites seraient en mesure d’intérioriser ?

Pourquoi la démocratie sanitaire n’en est-elle pas saisie ? Est-elle jugée encore immature ?

Denis Leguay, Président de la CRSA

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