L’édito de mars 2019

Les dépenses de santé des Pays de la Loire sont significativement plus faibles que la moyenne de celles des autres régions françaises métropolitaines. Que penser de cet état de fait, constant depuis de nombreuses années ?

Trois facteurs principaux peuvent être incriminés : une offre moindre, une demande moindre, un besoin moindre.

Nos (relativement) bons indicateurs de santé pourraient renforcer l’idée que les besoins de soins sont moins importants. L’hypothèse d’une particularité culturelle des habitants des Pays de la Loire, raisonnables, responsables, et réservés, est à considérer. Et celle d’une offre plus clairsemée que celle de régions plus urbanisées ne doit pas être négligée.

Oui, mais au total ? Que faire de ce constat ?

A notre sens, le point de départ d’une réflexion, et d’une mobilisation.

Une réflexion pour convenir que si, globalement, l’état de santé des Ligériens n’est pas catastrophique, il reste plusieurs registres sur lesquels notre région montre une grande fragilité : santé mentale, addictions, mortalité prématurée liée aux facteurs comportementaux. Rien n’autorise à les ignorer.

Pour dire aussi que de nombreuses zones géographiques sont aujourd’hui, et encore davantage demain, menacées par une raréfaction de l’offre, de premier comme de second recours. Et qu’il y a là une inégalité difficilement justifiable.

Et enfin pour dire que si les Ligériens, dans leur rapport au système de soins, cultivent plutôt la vertu, il ne faudrait pas que celle-ci se retourne contre eux.

Et si ce constat de sobriété relative ne saurait constituer à lui seul un motif de revendication, il pourrait néanmoins légitimement justifier une mobilisation de tous les partenaires pour :

  • déterminer, en investiguant, si cette moindre consommation peut être considérée comme une sous-consommation au regard des besoins réels de soins des Ligériens et de l’état de la science, ou des pratiques considérées comme habituelles,

  • travailler l’attractivité des conditions d’exercice des praticiens en zone fragile, afin de contrôler au maximum du possible, en promouvant des modalités innovantes, le mouvement de diminution de la densité médicale aujourd’hui à l’œuvre,

  • investir particulièrement et résolument les moyens nécessaires, tant dans le champ des soins que dans celui de la prévention, sur les thématiques où l’on constate à la fois la moindre consommation et des indicateurs de santé préoccupants.

Le niveau des dépenses de santé des Ligériens ne doit donc pas rester une donnée neutre, incomprise. Il doit nous pousser à réfléchir, et, si besoin, à orienter les politiques.

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